Trois questions à Sébastien de la Conciergerie Solidaire

Publié le Publié dans A la Une, Travail et insertion

Depuis sa création en octobre 2015 aux Grands Voisins, les cinq salariés d’Aurore de la Conciergerie Solidaire ont accueilli et encadré 62 personnes grâce au Dispositif Premières Heures. Sébastien Juin, coordinateur de la Conciergerie, répond à nos trois questions.

Le Dispositif Premières Heures, c’est quoi ?


Le Dispositif Premières Heures (DPH), financé par le département, a été mis en place par Emmaüs Défi en 2009. Il permet  aux  grands  exclus  de  reprendre  une  activité  professionnelle  selon  un  rythme  progressif. Le pari du DPH est d’utiliser le travail pour faire en sorte de redynamiser la personne : le travail crée une identité, un statut. La finalité de ce projet n’est pas forcément de proposer une sortie sur l’emploi mais c’est de faire du travail social, ça peut-être l’accès au soin, au logement, aux droits. Il y a 17 structures porteuses du dispositif, dont beaucoup sont sur le site des Grands Voisins : la Conciergerie Solidaire bien sûr, et également Ici terre, Carton Plein, l’Alternative Urbaine.

Quel est bilan des deux années d’occupation de l’ancien hôpital Saint-Vincent-de-Paul pour la Conciergerie Solidaire ?


De l’horticulture à la fabrication de chocolat

Depuis un an et demi, les activités proposées par la Conciergerie se sont diversifiées : embellissement des espaces verts,  entretien de la bibliothèque, fabrication d’un kit à champignon. De plus en plus de liens se sont aussi développés avec les structures des Grands Voisins. Nous travaillons avec la Boulangerie Chardon, les apiculteurs de Miel de quartier, les fleuristes de Fleurs d’Ici ou de Mama Petula ou encore Mon jardin chocolaté. Avec Carine, la chocolatière, c’est un partenariat idéal : au début, son modèle économique ne lui permettait pas forcément de se financer un apprenti et aujourd’hui, deux personnes de chez nous travaillent pour elle.

Être reconnu

Le fait de ne pas faire que du ménage et de participer à la production des structures, c’est très important car les personnes accompagnées sont face à une réalité du travail. Leur reconstruction passe aussi par une reconnaissance. Par exemple à la Lingerie, le café-restaurant, les personnes qui travaillent sont reconnues, on leur dit bonjour. C’est valorisant, tu es redevenu quelqu’un aux yeux des gens qui n’ont plus l’habitude de te regarder, ça commence par là la reconstruction.

Un public hétérogène

Ce sont majoritairement des hommes qui travaillent avec la Conciergerie, 73%, avec un âge moyen de 41 ans. Les profils sont très différents. 63% des personnes qui travaillent avec nous résident aux Grands Voisins, les autres viennent principalement des services de maraudes. Il y a aussi des personnes qui viennent d’avoir un statut de réfugié qui n’ont jamais travaillé en France et qui passent par chez nous, c’est un tremplin.

Que va devenir la Conciergerie Solidaire ?


La Conciergerie Solidaire va continuer pour la phase deux des Grands Voisins. Nous réfléchissons  en ce moment à la faire évoluer vers une conciergerie de quartier. Nous serons installés à l’accueil du site, plus en interface avec le public. Nous travaillerons avec le même nombre de personnes sur de nouvelles activités : récupérer le courrier et les clés, organiser des visites, orienter les visiteurs. Au delà des services rendus au site des Grands Voisins, nous allons aussi nous ouvrir à de nouveaux partenaires externes. Un projet est déjà en cours avec la SNCF Gare de Lyon.

Plus d’informations sur les activités d’insertion et d’intégration aux Grands Voisins

Illustrations : Jérémie Wach Chastel

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