Accueil de jour destiné aux demandeurs d’asile

ACCUEIL DE JOUR DESTINÉ AUX DEMANDEURS D’ASILE

 

En mars 2018, un accueil de jour destiné aux hommes majeurs isolés demandeurs d’asile et sans hébergement récemment arrivés à Paris a été ouvert par l’association Aurore, dans le bâtiment Rapine. Cet accueil est ouvert du lundi au vendredi, de 9h à 16h. Destiné à prendre en partie le relais de l’ancienne « Bulle » de la Porte de la Chapelle, il dispose d’une capacité d’accueil de 125 personnes par jour, désireuses d’obtenir une place d’hébergement et un examen de leur situation en vue de l’obtention du statut de réfugié.

Les personnes y sont orientées vers des centres d’hébergement (les CAES : Centre d’Accueil et d’Examen de Situation) si elles souhaitent demander l’asile, ou vers des accueils de jour classiques et autres dispositifs d’accompagnement parisiens si elles ne relèvent pas de l’asile. Cet espace permet de se reposer, se laver, communiquer avec les familles…

Plus de détails sur le fonctionnement de l’accueil de jour sur le site de l’association Aurore.

 

Au 14 février 2019, 21 376 personnes avaient été reçues à l’Accueil de jour depuis son ouverture le 28 mars 2018 (nombre d’entrées, certaines personnes étant venues plusieurs jours et donc comptées plusieurs fois).

A l’ouverture de l’accueil de jour, la plupart des demandeurs d’asile accueillis venaient d’Erythrée, du Soudan et d’Afghanistan. Les situations compliquées de ces pays poussant ces hommes à les quitter :

Situation de ces 3 pays au printemps 2018 :

Erythrée
(source : Espoir d’asile)
Dirigée d’une main de fer depuis son indépendance il y a 25 ans par Assayas Afewerki (après 30 ans de guerre avec l’Ethiopie, qui l’avait annexée après la seconde guerre mondiale), l’Erythrée est fuie pour plusieurs raisons, et notamment la première : service militaire à durée illimitée pour tous (hommes et femmes) dans des conditions inhumaines ; dictature présidentielle (régime à parti unique) avec soutien de l’armée et des forces de sécurité ; restriction de la presse presque totale ; aucune contestation et opinion s’écartant de la ligne officielle tolérées ; partis d’opposition, organisations internationales et communautés religieuses non enregistrées officiellement interdites ; protection des droits de l’homme fixée dans la Constitution non respectée.

Soudan
(source : Espoir d’asile)
La majorité des demandeurs provient du Darfour et se plaint d’arrestations et mauvais traitements par les milices gouvernementales, en raison notamment de leur soutien, réel ou supposé, à la rébellion dans le Darfour. L’Etat soudanais a intégré ces milices à sa politique régionale de contrôle territorial et en a fait sa principale force de répression pour conserver le Darfour, qui a des ressources pétrolifères. Ces milices, alliées aux forces gouvernementales, pratiquent la politique de la terre brûlée dans le Darfour en y commettant des exactions (villages rasés, massacres, viols, pillages, spoliations de terres…), forçant les populations à partir et se réfugier majoritairement au Tchad.
La majorité des demandeurs d’asile déclare provenir de la zone de conflit et fonde leur demande de protection sur leur origine ethnique. Peu de personnes invoquent un engagement au sein de mouvements rebelles, mais font état de l’imputation de soutien à la rébellion armée par les autorités.

Afghanistan
(source : France Diplomatie et Espoir d’asile)
La situation sécuritaire s’est dégradée en raison notamment des combats contre les Talibans très actifs dans le nord et le sud du pays, l’implantation de Daech dans l’Est et le Nord et des attentats fréquents sur l’ensemble du territoire. Les talibans imposent la charia dans les régions qu’ils contrôlent et commettent les pires exactions à l’égard des femmes. La dégradation de la situation sécuritaire est fortement présente dans les demandes d’asile avec ses conséquences en termes de craintes de persécutions ou de menaces graves. Ont également été évoqués des affiliations ou recrutements forcés des factions armées opposées au gouvernement, des liens avec des ONG et des forces militaires étrangères, ou bien une appartenance confessionnelle.

 

Les Voisins sont très mobilisés pour appuyer l’accueil de jour, qui est régulièrement débordé par le nombre de personnes accueillies :

  • des ateliers arts plastiques sont proposés, qui ont donné lieu à une exposition au restaurant L’Oratoire dans le cadre de Migrant’scène 2018 aux Grands Voisins
  • des ateliers BD avec le bédéiste installé sur le site Léonard Chemineau
  • réalisation d’une oeuvre collective sur les palissades de chantier
  • une occupante du bâtiment Rapine a permis l’organisation de visites guidées à la Fondation Cartier
  • le chantier d’insertion Yankadi de l’association Aurore, qui a une antenne aux Grands Voisins, a donné 50 repas chauds par jour
  • un ostéopathe et un masseur de la Coopérative de bien-être proposent une demi-journée par semaine des soins aux personnes accueillies
  • la Ressourcerie créative a organisé en fin d’année 2018 une grosse collecte de sacs à dos et produits d’hygiène à destination des demandeurs d’asile
  • beaucoup de bénévoles s’inscrivent pour aider à l’accueil des personnes

Des appels à dons sont régulièrement relayés sur les réseaux sociaux, afin de pouvoir offrir aux personnes qui arrivent à l’accueil de jour des vêtements d’hiver, des produits d’hygiène, des sacs de couchage…

Dans la presse
“Paris : les Grands Voisins ouvrent un centre d’accueil pour migrants”
Le Parisien, 14 avril 2018
“Le nouveau dispositif pour l’accueil des migrants en Île-de-France dévoilé”
Le Parisien, 16 mars 2018