Fresque du travail social – Kahina, conseillère en insertion professionnelle

Publié le Publié dans Engagement citoyen, Les voisins, Travail et insertion

Kahina travaille depuis un an au centre d’hébergement pour mineurs étrangers isolés Pangéa, aux Grands Voisins. Son rôle de Conseillère en Insertion Professionnelle (CIP) l’amène à accompagner les 30 jeunes dans leur formation professionnelle, notamment dans l’accès à l’apprentissage.

 

En quoi consiste le métier de conseillère en insertion professionnelle ?

De manière générale, le conseiller aide à résoudre des problèmes à finalité professionnelle. Il conseille, forme aux techniques de recherche d’emploi (rédaction de CV, de lettres de motivation, préparation à des entretiens…) dans le but de favoriser l’accès au travail et l’insertion. Aux Grands Voisins, je suis également chargée des relations entreprises afin de trouver des postes auxquels les jeunes peuvent postuler. Contrairement aux publics adultes qui manquent souvent d’estime d’eux-mêmes, les jeunes vont en cours et fréquentent d’autres jeunes, ils sont portés par un mouvement de recherche et d’accès à l’emploi.

 

L’accompagnement des jeunes de Pangea se fait en trois temps :

  • Lorsque la personne est en première année de CAP, je l’aide à trouver un stage, nous travaillons son CV, sa lettre de motivation, la présentation en entreprise, l’entretien…
  • Pour l’année de terminale du CAP, j’axe mon travail sur ce qu’est l’apprentissage, pourquoi c’est utile, quel est le diplôme requis et quel sera le salaire. Nous définissons également des métiers précis afin de mener une recherche de poste efficace. Nous préparons les entretiens pour l’apprentissage, j’assure un suivi personnalisé et intense pour mettre les jeunes en confiance.
  • Lorsque le jeune est en apprentissage, j’assure le suivi dans le poste pendant la période d’essai (3 mois). J’organise également des ateliers sur la manière de lire sa fiche de paie ou de poser des congés. Il s’agit de favoriser l’intégration en entreprise.

J’insiste également sur l’importance de l’apprentissage du français et les jeunes suivent des cours de français langue étrangère. Il est important qu’ils sachent lire leur contrat de travail notamment. A la fin de l’apprentissage, les jeunes sont censés quitter le centre d’hébergement pour un logement autonome. J’essaye au maximum de les orienter vers de grosses entreprises car cela favorise l’accès à l’emploi à la fin de la formation. En effet, la plupart d’entre elles ne proposent des postes en apprentissage que lorsqu’elles savent qu’elles pourront ouvrir un poste salarié ensuite. Le retour des entreprises est toujours très positif : les jeunes sont respectueux et s’investissent beaucoup dans leur travail. Il arrive que les entreprises nous rappellent pour proposer un nouveau poste à un autre jeune, c’est très satisfaisant.

 

 

Qu’est-ce que travailler au sein des Grands Voisins implique ?

Le site des Grands Voisins est un espace bienveillant où les personnes sont très pédagogues, c’est un véritable tremplin pour les jeunes car il favorise l’estime de soi et leur permet de travailler leurs compétences sur place. Par exemple, des jeunes se forment à la menuiserie à l’atelier de construction ou à la cuisine à l’Oratoire. Par ailleurs, pendant les vacances scolaires, les jeunes participent aux marchés, aux repas et cafés à prix libre. Ils sont bien encadrés, gagnent en confiance et sortent souvent transformés de leur stage aux Grands Voisins. Par ailleurs, il est facile de suivre l’évolution de la personne, on a un retour quasi instantané et les jeunes sont souvent fiers de nous montrer ce qu’ils ont fait.

Mais j’impose ma validation avant qu’ils ne soient employés aux Grands Voisins, je m’assure que les jeunes sont placés sur  des postes stratégiques qui vont leur permettre de progresser et de gagner des compétences. Je travaille également la sortie du site : j’essaye de leur montrer que le monde du travail n’est pas celui des Grands Voisins pour éviter l’enfermement et une sortie difficile du site. Ce n’est pas encore arrivé car j’y suis vigilante, je rappelle les règles d’entreprises et expose les contraintes. Pour éviter cet enfermement, j’oblige également les jeunes qui font leur premier stage ici à faire leur second stage à l’extérieur. Souvent, le stage de 5 semaines en première année de CAP est la première expérience professionnelle pour les jeunes et il est important qu’ils comprennent comment fonctionne le monde de l’entreprise.

 

 

Quel est l’aspect de votre métier que vous préférez ?

J’aime beaucoup m’occuper du contact avec les entreprises, avec les intervenants… Cela permet de rencontrer du monde, de créer des réseaux.

 

 

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